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Plages magnifiques
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Roque de Agando
Un burrito
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Laurisilva
Laurisilva en El Cedro
Los Roques
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Palmera guarapera
Cerámica
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Parque de Garajonay

La Gomera

La Gomera est une île de petite taille, mais qui réunit une grande variété de paysages naturels et humains. Cette diversité est due à la complexité de son relief, et à la remarquable adaptation de ses habitants aux conditions difficiles. L'exploitation des ressources naturelles y est restée compatible avec le respect de la nature. Ces éléments ont généré une culture rurale spécifique, qui reste très vivante aujourd'hui.

Le manque de sols à cultiver a obligé les paysans à construire des milliers de terrasses, tels des escaliers de géants, fruits de l'effort de multiples générations d'agriculteurs, et qui constituent aujourd'hui l'un des traits dominants de l'île. Mais cette recherche d'espace à cultiver est toujours allée de pair avec la conservation d'un inestimable patrimoine naturel, issu de différents facteurs orographiques et historiques. C'est ainsi qu'aujourd'hui, un tiers de la surface de l'île est concernée par des mesures de protections environnementales au centre desquelles se distingue le Parc National du Garajonay avec sa forêt de "Laurisilva". L'image de l'île est complétée par d'impressionantes falaises, des pics abrupts, et de nombreux palmiers qui parsèment les cultures ou forment des oasis aux fonds de certains ravins.

L'isolement de l'île a permis le maintien de nombreuses traditions, qui prennent parfois racines chez les aborigènes, comme la céramique populaire, le "Silbo" et la danse du tambour. Il s'est également développé une architecture et une gastronomie originales, qui combinent habilement les influences extérieures avec les éléments locaux. La réhabilitation des maisons traditionnelles pour le tourisme rural donne au visiteur une chance unique de découvrir ce patrimoine dans sa réalité quotidienne.

Le climat

Le climat de La Gomera a quelques particularités par rapport à celui du reste de l'archipel. La variété de climat subtropical tempéré par les alizés est modifié par son relief, son altitude et son orientation particulière. Une échelle climatique importante se retrouve dans la végétation, et influe également sur les zones de peuplement. On note aussi de très nombreux micro-climats.

En fonction de l'orientation, l'île se divise en deux types de climats : celui du nord et celui du sud. Le premier, exposé au flux des alizés, présente une nette stabilité thermique, avec des températures très douces, particulièrement dans les vallées, un degré d'humidité non négligeable, et une faible insolation. Historiquement, cette zone a toujours été la plus peuplée. Le second est celui de la zone dite "sous le vent", à l'abri des alizés, avec des températures légèrement plus élévèes que celles du nord, une plus forte insolation et un taux d'humidité plus faible, ce qui se reflète dans la végétation et un moindre peuplement.

A La Gomera, une proportion importante des terres se situe au-dessus de 800 m d'altitude. Cette zone, très humide et à peine habitée, est couverte presque en permanence par la mer de nuages générée par les alizés : toute la partie centrale de l'île est de ce fait le domaine de la laurisilva, une formation végétale unique au monde par ses caractéristiques et son excellent état de conservation, et se trouve inclue dans le Parc National du Garajonay.

La nature

Le plus frappant dans le paysage naturel de La Gomera est le travail de l'érosion. Celle-ci s'est produite de façon continuelle, démantelant une partie de l'édifice insulaire. Les formes érosives prédominent donc largement dans le paysage, des ravins profonds aux falaises côtières, en passant par ces reliefs typiques que sont les "roques" (rochers).

La combinaison des déchirures géomorphologiques avec le climat local a créé de nombreuses niches écologiques, depuis les éco-systèmes chauds et secs du sud, à ceux, humides et frais, qui prédominent sur les pentes et les sommets du nord. Les cîmes centrales de La Gomera, fréquemment enveloppées de brume, maintiennent une forêt fascinante, touffue et épaisse, dont la verdeur permanente, souvent imbibée d'humidité, tranche sur l'aridité des côtes et des zones basses de l'île.

Cette formation végétale particulière porte le nom de laurisilva, qui signifie "forêt de lauriers", en référence aux nombreuses espèces qui la composent et qui présentent des feuilles similaires à celles du laurier. Ce type de feuille est un indicateur de son adaptation au climat subtropical humide qui règne dans la zone nord de chacune des îles Canaries, où se cantonne la laurisilva. La végétation de La Gomera, comme celle des autres îles montagneuses de l'archipel, est conditionnée par l'altitude et l'orientation de chaque zone.

Les côtes basses peu arrosées sont couvertes d'un maquis caractéristique, formé de tabaibals (euphorbes), de chardons, et autres plantes grasses comme les verodes et les cardoncillos. Sur les pentes plus humides du versant nord et dans les fonds de ravins, apparaissent les palmeraies, ainsi que des vestiges d'anciennes forêts thermophiles, formés d'acebuches, almácigos et de sabina. Elles sont aujourd'hui très menacées par les zones de culture, mais il reste autour de Vallehermoso des sabinares (genèvriers) d'une considérable extension.

Les ressources

La base économique de La Gomera est restée l'agriculture jusqu'aux années 60. Elle a encore aujourd'hui une double fonction : l'auto-suffisance alimentaire avant tout, mais également l'exportation du surplus. Dans ce modèle d'exploitation du sol, introduit au début de la colonisation, l'emplacement des cultures dépend des lieux où se trouvent les sources, et du degré d'humidité des terres. L'espace agricole se trouve donc localisé dans les vallées ou les ravins qui possèdent de l'eau, et dans les zones humides qui permettent le développement d'une agriculture sans irrigation.

On constate donc une répartition très inégale de la population, qui se situe essentiellement dans les vallées du nord de l'île : c'est seulement au XXème siècle que commençèrent le peuplement et le développement deValle Gran Rey et de Playa Santiago, plus particulièrement dans les dix dernières années avec l'essor du tourisme.

Les cultures principales restent les céréales et les légumineuses, les pommes de terre, et certains fruits, ainsi que la vigne. En ce qui concerne les cultures irriguées, on est passé de la canne à sucre des XVIème et XVIIème siècles, aux bananes actuelles, en passant par les tomates et les patates. Une partie des champs reste toujours dévolue à la consommation familiale, avec par exemple du maïs et des arbres fruitiers.

Dans les années 1960, le modèle agricole a connu une crise sévère, en partie à cause de l'émigration, mais également de l'amélioration des transports et des communications, ainsi que du développement touristique, qui est aujourd'hui le fondement de l'économie de La Gomera.

La culture

Les traditions de l'île restent très vivantes aujourd'hui, même parmi les jeunes. On rencontre à La Gomera de nombreux lieux entourés d'un halo de mystère : à Laguna grande par exemple, on raconte que se tenaient les nuits de pleine lune des sabbats de sorcières. Ces légendes locales sont connues de tous, et celle de la fin tragique de Gara et Jonay a donné son nom au point culminant de l'île.

Certaines des pratiques ancestrales encore utilisées aujourd'hui sont directement issues de la géographie particulière de l'île : le silbo (langage sifflé permettant de communiquer d'une vallée à l'autre) ou l'astia (utilisation d'un long baton pour descendre les pentes).

Les célébrations religieuses sont nombreuses, particulièrement en été, avec des processions annuelles dans pratiquement toutes les chapelles (ermitas) disséminées sur l'île, et donnent lieux à des fêtes qui rassemblent une assistance de tous âges. Elles peuvent se tenir en plein coeur ds communes, comme les bûchers de la San Marco à Agulo, à l'église principale d'une vallée, comme la San Isidro à La Palmita, ou en pleine nature, comme la procession de Notre-Dame de Lourdes dans la forêt du Cedro.

On retrouve dans toutes ces fêtes la musique traditionnelle de l'île: des chants accompagnés par les tambours et les chakaras, pendant lesquels les spectateurs se mettent à danser, par paires se faisant face, sur le rythme à cinq temps de la danse du tambour.

Toutes ces traditions, en voie de disparition il y a quelques années, connaissent aujourd'hui un important regain de vitalité chez les jeunes, et plusieurs communes organisent aujourd'hui des cours de silbo, de musique et de danse traditionnelles, où tous les âges se retrouvent.

L'artisanat, qui tient ses origines des Guanches, a su tirer parti de toutes les ressources naturelles de l'île:

  • La gastronomie a créé le délicieux miel de palme (tiré de la sève du palmier), l'almogrote (pâte de fromage de chèvre mélangé à de l'ail et des piments rouges), la torta de cuajada (du fromage frais, des oeufs, du sucre et du miel), les mojos (sauces d'accompagnements à base d'huile d'olive, d'ail, et de diverses épices), etc...Sans oublier les vins, blancs ou rouges, produits essentiellement dans le nord de l'île;
  • Les objets utilitaires ou décoratifs étaient issus également de la nature : la céramique traditionnelle (El Cercado et Chipude) utilise toujours la technique des Guanches, entièrement façonnée à la main, sans l'aide d'un tour;
  • Les végétaux sont employés pour la fabrication d'objets pratiques : paniers, bourses, chapeaux en fibres de palme ou autres, tandis que le bois sert pour les instruments de musique tels que les chakaras ou les tambours (pour lesquels sert également le cuir de chèvre).

L'histoire

Les habitants préhispaniques de La Gomera, les Guanches, étaient probablement d'origine berbère. Les Guanches arrivèrent sur l'île, ainsi que dans le reste de l'archipel canarien, depuis le nord-ouest de l'Afrique. D'après les ossements retrouvés, ils étaient de race cromanoïde, petits, de teint foncé, avec une boîte crânienne très développée. Essentiellement bergers (chèvres et brebis) et cueilleurs (végétaux et coquillages), ils pratiquaient également une forme rudimentaire d'agriculture. Au moment de la Conquête, l'île se divisait en quatre cantons, correspondant aux quatre grandes vallées : Mulagua (Hermigua), Hipalan (San Sebastián), Orone (Valle Gran Rey) et Agana (Vallehermoso).

La conquête de La Gomera commença au début du XVème avec Jean de Béthencourt, et se fit pratiquement sans lutte, car la population aborigène conserva pendant longtemps ses particularismes. En 1494, l'île fut incorporée à la couronne de Castille sous la domination des Peraza. Ceux-ci instaurèrent un système autoritaire qui perdura jusqu'au premier tiers du XIXème siècle.

L'île eut une certaine importance dans la conquête colombine, car c'est la dernière terre connue où s'arrêta Christophe Colomb, et où il s'approvionna en eau et en vivres, avant de partir à la découverte de l'Amérique le 6 Septembre 1492, depuis la baie de San Sebastian de La Gomera.

Dans les années 1940, au plus fort de son développement démographique, on dénombrait 29.000 habitants. Mais depuis cette date, avec la limitation puis le déclin des ressources agricoles, ainsi que l'attrait exercé par une vie plus facile, commença une intense émigration vers l'Amérique latine (Cuba et Vénézuela), et surtout vers Ténérife, où vivent aujourd'hui plus de gomeros que sur l'île elle-même.

La population

La population de La Gomera (environ 18.000 habitants) se répartit en de nombreuses entités de taille très inégales, parmi lesquelles se distinguent les capitales municipales pour leur habitat regroupé. Les vallées d' Hermigua, Agulo, Vallehermoso, Valle Gran Rey, Santiago et San Sebastián réunissent à elles seules plus de 80% des habitants. En dehors de ces villages, réunis par le réseau routier, le peuplement est très dispersé, et totalement inexistant à l'intérieur du Parc National.


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